C est l oeuvre du soe crée par Churchill
Le soe est un
organisme majeur qui devait frapper en territoire ennemi vite et fort
Ses opérations devaient être caractérisées par la soudaineté la
ruse et la souplesse et frapper l ennemi aux défauts de sa cuirasse
militaire et économique Le SOE crée par Churchill fut donc un
service secret autonome chargé d 'une mission classique…la guerre
subversive…. mais en apportant une aide puissante et inestimable
aux groupes de résistants hèroiques issus de nos villes et nos
campagnes
Cette aide ne peut être apportée que par une
étroite collaboration entre le BOA et le SOE utilisant la voie
des air radio de la BBC et l aviation par l intermédiaire du BCRA
organisme de la France libre
Les messages secrets
Ainsi les premiers messages annonçant
l’atterrissage des avions amenant les premiers agents venus de Londres
s’inspiraient-ils largement des messages familiaux : Lisette va bien, (le premier, diffusé le 3 septembre 1941), Claude va bien, Gabriel va bien.
Par la suite les auteurs de messages laissèrent libre cours à leur
imagination, tout en respectant un certain nombre de règles établies. Si
Londres prenait l’initiative d’un message, il le faisait connaître à la
Résistance par un court message radio en morse adressé aux opérateurs
radio envoyés en France. Et la Résistance, ce qui était souvent le cas,
faisait connaître à Londres, en morse également, par ces mêmes
opérateurs radio, le message dont elle attendait la diffusion qui lui
annoncerait l’imminence de l’opération demandée. D'autres messages
étaient confiés aux bons soins des agents transportés dans les deux
sens. D'autres encore revenaient à Londres fixés à la patte de pigeons
voyageurs qui avaient été largués dans leur caisse aux résistants qui
les relâchaient, lestés des messages convenus.
Certains messages pouvaient être assez
explicites indiquant le nom du terrain utilisé, le nombre d’avions
mobilisés, le nombre d’agents largués, voire le pseudo de celui qui
devait recevoir le largage. Environ 80% des messages concernaient des
opérations aériennes (atterrissages avec échanges d’agents ou de
personnalités, parachutages d’agents, d’armes et de munitions) ou
maritimes (embarquement ou débarquement d’agents ou de personnalités).
Les 20% restants servaient à accréditer des agents auprès des Français
qu’ils souhaitaient convaincre de leur qualité de résistants et dans ce
cas c’était souvent la personne contactée qui choisissait le message à
faire diffuser. Un nombre conséquent de messages prévenaient la famille
ou les collaborateurs des agents transportés à Londres de leur arrivée à
bon port ( extrait wikipedia =
autres messages diffusés dans la région sagienne
"
le BOA local Son chef Edouard Paysant
le BOA dés la fin de 1942,sous l'impulsion du
chef départemental de l'organisation civile et militaire
l'ingénieur du génie rural Robert Aubin de Fontenay sur orne
des patriotes se mirent à l'oeuvre pour recenser des terrains
favorables aux opérations aériennes ( ref le BOA Archives
départementales )
L’avion
et la radio ont révolutionné les moyens d’action des belligérants de la
seconde guerre mondiale ,imposant des changements fondamentaux à la
nature ,au déroulement et aux formes de la lutte
.On peut dire que la
BBC réglait
l’ existence de la plupart des français tout au moins pour
ceux qui accordaient la plus grande confiance aux alliés en écoutant les
nouvelles transmises par Robert Schuman , Jean Marin , Pierre Jourdan
.On commençait à ressentir une sorte de tressaillement aux premiers
succés alliés qui commençaient à se dessiner
Pour ce qui est de la lutte clandestine
une évidence s’imposait : ces conquêtes techniques ont constitué des
atouts aux effets incalculables .
Temoignage d un pilote de Halifax bombardier du
SOE
Le Halifax bombardier de la RAF basé à
Tempsford aérodrome secret de la RAF spécialement transformé
aménagé et chargé de ses containers emporte armes munitions
médicaments vers le lieu de rendez vous
Tout ce matériel est destiné à la résistance locale
Un comité de réception courageux (citons
les groupes Tessier, Cercueil dans la région sagienne
etc..°,)vigilant, prêt à tout, caché sous les
ombrages attend, guettant désespérément l' arrivée
du chargement qu'elles que soient l’heure de la nuit, la température, le
brouillard, la pluie, la neige, les rafales de vent et le but de la mission
et de découvrir les feux dissimulés dans une
nature surveillée par les patrouilles allemandes
Tâche périlleuse entre toutes qu’il faut absolument assumer
Les équipages du SOE
Rappelons que le ciel de nuit est une occasion
d’affronter pour les lourds bombardiers ….. les rapides chasseurs
de la Luftwaffe
21 au 22 Septembre 1943 " Noémie a un bouquet de violettes"
C 'est le temps où dans la campagne ,nous
interrogeons les aboiements de chiens au fond de la nuit ,le temps où
les parachutes multicolores ,chargés d armes et de cigarettes ,tombent
du ciel dans la lueur des feux des clairiéres ....
André Malraux
On se posait
multiples questions Le bruit lancinant des avions … Le grondement
permanent la nuit d un avion recherchant les feux du balisage ?
mais aussi les escadrilles alliées allant vers le sud à destination
du centre de la France et des usines du nord de l Italie Milan,
Turin etc.
Par sa
position stratégique à moins de 100 Kilomètres des côtes de la
Manche et quelques 250 kilomètres des bases aériennes du sud de l
Angleterre L Orne constituait un département de choix
Dés la fin de 1942
sous l impulsion de l organisation civile et militaire l ingénieur du
génie rural Robert Aubin de Fontenay sur Orne des patriotes
se mirent a l œuvre pour recenser des terrains favorables aux
opérations aériennes
Apres
la libération de notre ville je découvrais que Tempsford
aerodrome secret situé au nord de Londres
était le point de décollage de tous ces avions inconnus qui
venaient parachuter le contenu de leurs soute dans notre campagne
alentour Il fallait considerer qu’ une heure
et demi de vol temps suffisait à un
bombardier Halifax pour effectuer le trajet ;;;;; de Tempsford
au departement de l Orne… une courte distance mais semée d
embûches
Six Halifax du SOE furent abattus dans notre
département
Sainte Gauburge ,Tinchebray, Larré, Aube,
Ecorcei, Bernieres
"Cette bonne terre de France si attirante mais
inhospitalière il nous faut la survoler avec la plus grande prudence
avec un équipage perpétuellement aux aguets scrutant du sabord ou
de la tourelle arrière les profondeurs de la nuit "..équipage
composé de dix hommes de nationalité souvent différente
Britannique, Canadiens, australiens néo
zélandais polonais
« Chaque sortie dure plus de sept heures, des heures
d’un vol angoissant dans la solitude nocturne, passées a survoler
la mer toujours hostile et la terre ennemie, à surveiller un vide
que peut a tout moment trouer le chasseur de nuit assassin, a scruter
un néant que perce le pinceau glaçé du projecteur doublé du
mortel éclatement de la flak _ »
Le comité de reception des résistants
Comment circuler la nuit en silence
après l'heure d'interdiction
imposée par le couvre feu ? Une équipe de
patriotes décidés se rend au point de
largage prévu en empruntant des chemins forestiers ou de campagne
Les chiens aboient à leur passage ,laissant derrière eux une piste
sonore qui indique une présence dans des lieux supposés déserts
à cette heure de la nuit ?
La situation la plus probable était
l'interception des membres du comité de réception c est la raison
pour laquelle certains se faisaient fabriquer de faux permis de
chasse ou médicaux qui permettaient ainsi de circuler aprés
lecouvre feu
Chacun d'eux a imaginé une histoire en cas de
rencontre d une patrouille allemande ce qui peut paraitre difficile à
comprendre si l'on veut se faire une idée des dangers générés par
la lutte clandestine Affrontement contre un ennemi intraitable et
sans pitié et s 'opposant à la lutte que nous menons sans répit
dans la clandestinité la plus totale

De nombreux dangers difficiles à
éviter alors que nous combattons sans armes... armes que nous
devons fournir a ceux qui en manquent dans la lutte
ouverte contre l'occupant
.
Ces
hommes, les résistants qui ont consenti au sacrifice de leur
vie ,ces hommes dont la volonté et l'équilibre sont mis à
l'épreuve 24 heures sur 24
Tout d abord chez soi l'écoute de la BBC puis entre
les parasites et les brouillages ,la joie d entendre le message puis
la marche vers l' endroit convenu avec toute la prudence requise, la
répartition de l équipe à différents postes et dans le long
silence... l attente impatiente et inquiéte
|
Edouard Paysant ( devenu Trouvére )chef du BOA
présent a cette date a Saint Marcel avec Marie Croisé
dirige alors le BOA M2 M3
|
Attente souvent très longue ...
"
L avion décolle de l aéroport secret de
Tempsford (au sud est de Cambridge )Seulement à
deux ou trois heures de vol il doit nous localiser dans une campagne
ou une forêt avec le risque de ne pas trouver le terrain
balisé ? Panne mécanique? Abattu par la chasse allemande ?
Autant de questions qui alimentent notre inquiétude
Son trajet Tempsford , Londres dans le brouillard , la
traversée de la Manche et le franchissement de la côte française
aux alentours de Cabourg ;;;évitant le piège de la DCA et la présence éventuelle de chasseurs allemands
Tempsford ........Sées A peine deux
heures de vol !!!!
Battre d’émotion d’espoir . Venu d’Angleterre pour larguer
ses passagers et ses cylindres métalliques de matériel .....l’avion symbolisait
la réussite d’efforts de centaines d’hommes et de femmes qui risquaient toutes
les minutes leur vie pour cela ...des parachutes se balançant dans le clair de
lune . Quelle belle image !!!
Le comité de réception
En fait je me suis posé souvent cette question !
Comment l'avion pouvait il trouver le balisage au milieu de cette
forêt? Repérer les signaux ?
Nous savons que l avion vole composé d une dizaine
de membres du SOE ( service opération executiv )
Il vole à basse altitude feux éteints se
repérant à la vision des rivières scintillantes la nuit ,
les lumières filtrantes des habitations ,les voies ferrées
;;;
Les résistants du comité de réception sont a l 'affût du moindre bruit ,du moindre signal lumineux Les balises de repérages sont prêtes L'avion va t il les trouver ?
Enfin grandissant le vrombissement grave d un
moteur ...
Va t il repérer nos signaux au sol,?
Est ce bien lui celui que nous attendons
?,allié?ennemi ?
Les yeux fouillent le ciel sombre , au bruit des
moteurs on l'identifie ;
C est lui ....une grande ombre apparait trés prés
au dessus de nos têtes et passe une première fois
Les
signaux s allument au sol ;l'avion répond par une lumière
clignotante et s'éloigne pour revenir bientôt tous feux
éteints six fois ,huit fois,silhouette à peine visible ,noire dans
la nuit noire et dans un bruit de tonnerre
Le risque d attirer l'attention au sol grandit
à chaque minute si l'appareil reste dans le voisinage en
estimant que les allemands sont équipés de radar permettant de
détecter et donc d'intercepter l'avion lanceur de containers
Un deux , trois, quatre nous
comptons les parachutes qui
s ouvrent comme d 'énormes fleurs cinq ,six,
huit ,dix Nous repérons le point de chute dans la prairie ...
le compte y est.....
Un souffle de fraternité est passé tout prés....si prés!
Avec le contenu des containers armes,explosifs
,nous récupérons le "colis cadeau ..".
Cigarettes pour les fumeurs ..du thé pour les
amateurs
L'avion est reparti.. son bruit familier
s
éloigne Et maintenant reste le travail dont il faut s'
acquitter méthodiquement avec la plus grande prudence
Le problème c est le retour au point de départ après le couvre feu en évitant les menaces
d interception par une patrouille consciente
qu un parachutage a été signalé dans la région après le bruit des moteurs
"Nous avons encore en mémoire l'échec du
parachutage du 9 Juillet 1944 par quatre appareils
Halifax pour une livraison totale de 16 Tonnes (par
E.Voyer)
Entendant le ronronnement d'un avion gros porteur en
direction du terrain nous avons donné le signal d'allumage des
lampes de la ligne de balisage en même temps que la atterrissage d un container conventionnelle en morse
Au moment où cet avion passait nous nous aperçumes
un peu tard qu'il s' agissait d'un Dornier ( bombardier allemand ) qui précédait de peu
l'un de nos avions livreurs Halifax attendus Celui ci après avoir
disparu à l'horizon fit demi tour et revint sur le terrain à
nouveau balisé c'est alors que le Dornier qui prèçèdait de peu
l'un de nos livreurs fit un passage sur le terrain en faisant feu de
toute la puissance de ses mitrailleuses Par chance aucun de nos
hommes ne fut atteint ...mais une vache qui se trouvait à
l'extrémité du terrain fut touchée et du être abattue
il me fallut indemniser son propriétaire soit la
somme de 10000 francs ...car c était bien entendu la meilleure vache
du troupeau...
Un autre incident provenant d'un bois entendant
des cris provenant d 'un bois proche du terrain je crus un de nos
hommes atteint par le mitraillage il n'en était heureusement rien le
pauvre diable en question en croyant se mettre hors de portée des
mitrailleuses s'était simplement fait happer la jambe par un piège
à renard ....
Après cette alerte le premier Halifax nous larguait
son chargement suivi a peu d'intervalles par nos trois avions
livreurs
Une pluie de parachutes et de containers parsemait le
terrain mais fort heureusement nous étions nombreux plus d une
trentaine dont une dizaine préposés à la sécurité aux abords du
terrain"
J’habitais
alors à proximité de la gendarmerie …..,juste la place de la cathédrale
à traverser Ces gendarmes étaient tous quatre des familiers de mes
parents Ils se nommaient Tual , Collet , Daniel, et Bouyer
Fin fevrier 1943 Premier parachutage dans l' Orne
Etaient présents Bob, figaro ,( noms de code,? )Granger Denormandie ( Macé ), Lefévre de chailloué , Cosnard de Belfonds
l 'adjudant Thual et le gendarme Collet ces deux gendarmes appartenant a la brigade de Sées
Quatre
gendarmes soumis dans la journée aux ordres de l’administration
allemande et de la kommandantur mais ardents patriotes convaincus
,succombant la nuit à l’appel de la résistance et de tous ses dangers
Une
évidence s’imposait durant cette période où nos gendarmes devaient
composer avec les contraintes de l’occupation et les obligations de
l’administration allemande
C'est tout naturellement que l adjudant Tual se place sous les
ordres
d'Edouard Paysant qui le charge quelques mois
plus
tard
de diriger l'équipe de sécurité qui doit assurer
la
protection
des terrains de parachutage du secteur. Il
agit
avec le maréchal des logis chef Daniel le gendarme Bouyer et le gendarme Collet
Outre cette activité, les 4 gendarmes participent aux
camouflages des réfractaires, à l'établissement de fausses
cartes d'identité, aux renseignements sur les mouvements de
troupes ennemies et à la protection de familles juives.
mais aussi le soupçon des autorités d occupation n ignorant pas aprés peut être un dénonciation leur participation a des parachutages
Mme Collet réussit à savoir que tous
quatre passeront à Sées dans la matinée du 14 Aout ,encadrés par plusieurs
gardes allemands Tous préparent un colis dans l’espoir de leur donner avant un
départ vers une destination inconnue
Mes parents font en sorte de trouver quelques denrées pour
les envoyer à la gendarmerie
Extrait d’une lettre pleine d’émotion de Madame Collet
« Nous attendons le passage du car avec
impatience ;place du Parquet;; notre déception est grande.. le car passe sans s’arrêter malgré nos signes
désespérés Nous le regardons disparaitre au loin… impuissantes ……
emportant nos êtres chers vers leur nouveau destin…. mais ô chance les allemands se ravisent et
le car stoppe quelques centaines de mètres plus loin Nous courons vers lui ….,L’officier
allemand nous demande « que
contiennent ces colis ? »Nous répondons « des vêtements
_» L’officier accepte que nous remettions notre précieux chargement à nos
époux …. dieu merci !
Le car repart nous laissant seules et désespérées ….nous
rentrons le cœur serré sachant que nous ne les reverrons pas d’içi longtemps
. »
Le car venait de la caserne Bonet d’Alençon où les prisonniers
étaient retenus en attente de jugement
Les quatre gendarmes
seront interrogés au palais de justice de Rouen et à la prison de Bonne
Nouvelle avant de partir pour … l’Allemagne
Tous quatre seront déportés au camp de Dora Elrich camp spécialisé dans le montage des fusées et
v2 Seul l’adjudant Tual reviendra de déportation
A partir du 1 avril 1945 les
SS entreprendront l’évacuation d
.Sans la voie des airs , la TSF et les messages de la BBC…. comment pouvaient se réaliser les liaisons périlleuses auxquelles ils participaient …en l’occurrence des parachutages de nuit avec le « comité de réception » composé de résistants volontaires ,ardents et déçidés
Terrain balisé vu d'une
altitude de 500 métres
Note ( les réseaux actions
de la France
combattante )
Les
terrains étaient soigneusement préparés' dans les secteurs sagiens
Avant de demander une opération aérienne qu’elle soit de parachutage ou
d’atterrissage il fallait d’abord rechercher l’endroit où elle pourrait être
effectuée avec le maximum de chances de réussite et la meilleure sécurité
possible les normes exigées de ce que
l’on appelait « le terrain » variaient selon le genre
d’opération auquel il était destiné C’était en fait le travail du BOA dont le
chef incontesté pour le département était Edouard Paysant
La recherche de terrains était confiée en principe aux responsables
départementaux les emplacements
possibles lui étaient signalés la plupart du temps par des unités de
résistance
Il était toujours préférable de trouver une grande étendue les
alentours devaient être assez dégagés pour faciliter la recherche des
containers ou paquets parfois dispersés sur une grande distance ce que ne favorisait pas une forêt attenante
Pas d’arbustes trop hauts qui pourraient cacher les lumières du
balisage
Il était souvent nécessaire que le terrain soit éloigné non seulement
de toute présence de miliciens , d’allemands ‘ susceptibles d’intervenir
rapidement mais plus généralement de toute habitation à moins que les habitants
soient bien connus comme sympathisants et qu’il n’exista aucun risque de
dénonciation ou de bavardage
En effet un bombardier quadrimoteur
qui rôde au dessus de la campagne pour rechercher le terrain repasse
plusieurs fois au même endroit ,descend à 150 mètres pour lâcher ses parachutes
, remet ses moteurs à plein régime pour reprendre de l’altitude et cela fait
beaucoup de bruit dans le silence de la nuit …..
.
Largage de conteneur
Recherche du terrain par l’avion lanceur de containers
Nuages, la brume ou la pluie. Cette opération constitue en fait une cible de
choix du point de vue de la chasse allemande, malgré la présence de la pleine
lune. Il y eut bien sûr des
échecs… erreur de navigation, incident mécanique, absence du réseau de
résistance pour des raisons indépendantes de leur volonté, terrain invisible,
la météo...
Trop
bas les colis risquaient de s’abimer au contact du sol. Trop haut,
dispersés par le vent , des résistants au sol menaçés par la présence d
éléments inattendus les colis étaient
alors ramassés par les allemands ou des mains étrangères.
Les
terrains : Aurore,
Godet ,lapin, Eclair Goudron, Orage et d’autres encore environnant notre ville seront le
théâtre de parachutages très risqués,de containers recueillis par des hommes
défiant tous les dangers.On peut malheureusement citer plusieurs parachutages
qui se sont très mal terminés dans notre région, au Merlerault par exemple, où plusieurs membres du comité de
réception furent arrêtes et déportés, victimes de dénonciations
Aurore
Ce terrain homologué se situe "Aux
Rouges Terres " à Saint Leonard des Parcs . Toutefois c'est
le terrain " le Pré de l'hospice " qui sera utilisé pour
le parachutage des containers
On enregitre un seul échec sur sept
parachutages et cela dans la nuit du nuit du 10 au 11 Juin 1943
Un message secret de la radio de Londres
annonçait le lieu du parachutage et la date du rendez vous( lire les
blogs sur les parachutages )
Encore fallait il que l’avion de la RAF soit présent à l’endroit précis et dans une nuit uniquement éclairée par la pleine lune
Echappant
aux tirs de la DCA et aux chasseurs de nuit de la Luftwaffe , l’avion
anglais devait naviguer feux éteints dans la pénombre ,repérant les
points stratégiques ,lacs ,ponts lignes de chemin de fer, cours d’eau
, villes calfeutrées ..enfin toutes sortes de signes distinctifs avant
de trouver enfin un terrain identifié par la présence au sol de lampes
torche formant une lettre de reconnaissance Il s’agissait de larguer à
cet endroit précis les containers de munitions et de médicaments
attendus par les résistants
"le chlorate fortifie les dents
" Tel est le message diffusé par la BBC; Message uniquement compris et
assimilé par les résistants en attente de cette intervention planifiée
par Londres le soe et les groupes de résistance locaux
Premier lieu de lancement Saint Leonard des Parcs prés du Haras des rouges terres Nom du terrain AURORE
On note la présence de deux gendarmes sagiens lors de ce lancement
Notons que la brigade sagienne paiera un lourd tribu
Quatre gendarmes seront déportés à Ellrich .....un seul reviendra de cet enfer
Pendant l'Occupation, les missions de
la gendarmerie sont commandées par le gouvernement de Vichy et par
l'occupant. Des gendarmes participent ainsi à la déportation des
Juifs et à l'arrestation des réfractaires au service du travail
obligatoire.
D'autres choisissent la voie de la Résistance et
combattent pour la libération du pays, seuls ou en unités
constituées (groupements Daucourt et Thiolet notamment).
Structure traditionnelle ou pas, le travail de la gendarmerie
s avére aussi ingrat que délicat
Les
brigades doivent surveiller ,protéger ,arrêter , signaler et tout cela
contre leur gré , à la merci des menaces et des représailles de l
occupant
L un des gendarmes élevait secrètement des pigeons voyageurs
Le pigeon voyageur a toujours joué un rôle primordial dans les guerres
de siège. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 par exemple,
le pigeon voyageur était le seul moyen de communiquer avec l’extérieur
pour Paris assiégé.
Pendant la guerre 1914-1918, plus de 30 000 pigeons sont utilisés par
les armées françaises. Alors que les liaisons téléphoniques sont
constamment interrompues, ces volatiles sont d’une fiabilité totale sur
les courtes distances qu’ils doivent parcourir.
Les pigeons voyageurs sont à nouveau employés pendant le Seconde
Guerre mondiale, mais la vitesse de l’occupation allemande désorganise
les colombiers. De son côté, la résistance eut également recours à ces
volatiles. Plus de 16 500 pigeons anglais furent parachutés en France,
permettant aux patriotes français de renseigner Londres de manière
efficace.
MME collet
Nous étions alors sur ce terrain baptisé «
lapin « à 6 km
de Sées2 KM DE
Mortrée nous attendions dans la fiévre cet
avion inconnu
etaient présents surf ce terrain dans la solitude de la nuit
Premier parachutage dans l' Orne
La BBC est donc devenue notre principal centre d’intérêt….les messages du soir la guerre des airs et la guerre des ondes qui se profilent apportent une note d espoir mais le terme SOE est pour la majorité des français un terme inconnu
Ces nouvelles techniques et leur organisation entraineront la création
du BCRA a Londres et du BOA dans nos provinces
 |
| Charles de Gaulle à la BBC |
L’avion et la radio révolutionnent alors
les moyens d action des belligérants imposant des changements fondamentaux a la
nature,au déroulement et aux formes de la lutte
 |
| Notre maire Charles Forget |
Habitant de ma petite ville normande privé
des nouvelles diffusées par la BBC de Londres il nous fallait nous contenter de ces émissions entretenant l'espoir
Mais a notre niveau de provincial soumis au joug allemand nous ignorions en fait l 'existence de ce service secret
Les nouvelles officielles nous
parvenaient alors de radio Paris ,station d état contrôlée par l occupant et que nous
écoutions en permanence en dehors des émissions discrètes et brouillées de
la BBC
Il nous fallait avec une grande prudence
nous caler sur la longueur d 'ondes de Londres et surtout par précaution …. ne pas y rester
Mais le BOA issu de cette nouvelle
organisation en attendant un débarquement quelle était sa signification ?
Edouard Paysant en sera l organisateur et
le chef
Il s'agit dans le cadre de cette organisation clandestine de frapper l ennemi de manière à l affaiblir
Un comité de réception courageux
vigilant, prêt à tout, caché sous les ombrages attend,… guettant désespérément
l’ arrivée de l avion lanceur de containers sur le terrain balisé, quelles
que soient l’heure de la nuit, la température, le brouillard, la pluie, la
neige, les rafales de vent
Un
équipage d’aviateurs entraînés du SOE décollant de Tempsford avant de
parachuter ses containers devait absolument découvrir les feux dissimulés dans une nature surveillée
par les patrouilles allemandes Tâche périlleuse entre toutes …Ces nouvelles
filtraient dans le hasard des discussions et des bavardages
Mais parlons de l'équipage d 'u bombardier SOE
Les équipages du SOE
Rappelons que le ciel de nuit est une occasion d’affronter pour
les lourds bombardiers ….. les rapides chasseurs de la Luftwaffe
Témoignage d' un pilote du SOE
"Cette
bonne terre de France si attirante mais inhospitalière il nous faut la survoler
avec la plus grande prudence avec un équipage perpétuellement aux aguets
scrutant du sabord ou de la tourelle arrière les profondeurs de la nuit "..équipage composé de dix
hommes de nationalités souvent différentes Britannique, Canadiens, australiens ,néo zélandais , polonais
« Chaque sortie
dure plus de sept heures, des heures d’un vol angoissant dans la solitude
nocturne, passées a survoler la mer toujours hostile et la terre ennemie, à
surveiller un vide que peut a tout moment trouer le chasseur de nuit assassin,
a scruter un néant que perce le pinceau glaçé du projecteur doublé du mortel
éclatement de la flak _ »
 |
| Bombardier lançeur de containers |
La navigation relative a la recherche d un terrain balisé par
une nuit de pleine lune ,feux éteints présentait des difficultés toutes
particulières pour 'l 'équipage en mission spéciale, qui pour mener sa
tache à bien ,devait être capable de repérer avec la plus grande
précision dans la nuit noire une cible minuscule mal définie après
avoir volé pendant des heures au dessus du territoire ennemi"
Nos
résistants ou comités de réception avaient ordre de choisir des sites
aisément repérables du ciel mais pour de multiples raisons cela n'était
pas toujours chose possible et l' avion ayant enfin trouvé sa zone de
largage devait parfois chercher encore ........longuement les lumières destinées
à le guider et qui pouvaient etre cachées par un bois ou les versants d
une vallée
Le
navigateur du bombardier devait souvent recourir à la lecture des
cartes et a la navigation a l'estime ce qui exigeait du pilote qu'il
vole a basse altitude au dessus de la campagne
 |
| terrain balisé par la resistance |
La
tache des comités de réception de la résistance était quelquefois
hérissée de difficultés et souvent encore plus compliquée après le
lancement des containers d'armes sur le terrain choisi et ayant
fait l'objet d'un message secret a la radio
Les résistants devaient éclairer et surveiller la zone identifiée par un nom de code
Exemples
Aurore
( Rouges terres ) Lapin( Mortrée ) Orage ( Macé ) Eclair ( Tanville)
Grêle ( Echauffour ) Ilot ( Le sap) Levite ( Ranes ) etc...
Le risque d 'attirer l'attention au sol
grandissait a chaque minute passée par l appareil dans le voisinage
d'une campagne tranquille Des le milieu de la guerre ,les allemands
s'étaient équipés de radar permettant de détecter et donc d
intercepter les avions en vol ou en cours de recherche du terrain
Inutile
de dire qu'un bombardier lourd occupé à larguer du materiel ,volant
ailerons baissés juste au dessus de la vitesse minimale de sustentation
et dont l'équipage avait l'attention attirée pour tout ce qui se
passait en dessous de lui ,constituait du point de vue de la chasse
ennemie une cible rêvée
 |
| Chasseur de nuit Fockewulf |
Par
la suite en combinant Euréka en vol et S phone au sol il semblait
possible de ne plus se laisser arrêter par des nuages ou des bancs de
brume pour déterminer plus rapidement l'emplacement de la DZ( dropping
zone)
La cause plus probable d'incident était en fait
l
interception des membres du comité de réception par la
feldgendarmerie,c' est la raison pour laquelle les resistants se
faisaient volontiers fabriquer un faux permis de garde chasse ou de
médecin qui permettait de circuler après le couvre feu
Le
dixième des échecs nocturnes était dû
d' après les pilotes a des
erreurs de navigation Ils ne trouvaient pas leur zone de largage
,,situation due quelquefois a des problèmes techniques ,quelquefois
marquée par l 'absence du comité de réception pour des raisons
indépendantes de sa volonté
Des
accidents exceptionnels pouvaient survenir ,ainsi sur le terrain .x. dans notre département c
est un Dornier de la Luftwaffe qui survint à la place de l 'avion allié
attendu et qui mitrailla les hommes rassemblés au sol causant
quelques dégâts parmi les troupeaux d'animaux Une vache fut tuée et comme par hasard
c 'était d ' après le fermier la plus belle du troupeau ...
Même
si l'avion et le comité de réception arrivaient tous deux au bon
endroit au bon moment le parachutage pouvait lui même poser problème ,
seuls les pilotes les plus expérimentés savaient évaluer avec précision
leur altitude Si l'avion volait trop bas les colis risquaient de se
détériorer et les hommes de se blesser , Trop haut et un coup de vent
suffisait a disperser les containers dans la nature et hors de portée
Vol de nuit..... feux éteints
L 'équipage composé d 'aviateurs chevronnés à la recherche du terrain balisé devait prendre en compte par exemple les différents types de repéres au sol en énumérant leurs avantages et leurs piéges
Commençons par les énumérer
l 'eau
Toujours
plus facile a repérer que n importe quel autre élément ... Même si la
nuit est profonde un point d 'eau est facile à repérer dés lors qu'il
se trouve
entre vous et la source de lumiére
Lorsque la lumière est diffusée par les nuages on peut voir l'eau a grande distance,
Au
delà de la visibilité de tous les éléments susceptibles de les aider
l'eau reste le meilleurs repère sauf si on parle bien sûr de la côte
et des grands fleuves qui sillonnent la région
Bois et forêts
Les
grandes forêts, elles sont d'excellents repères,pour l équipage a la recherche des feux balisés Les bois peuvent être
particulièrement identifiés lorsque vous arrivez aux abords de votre
zone de lancement en comparaison par exemple d 'une photo aérienne représentant la région
les voies ferrées
Comme l 'eau les rails brillent lorsque ils se trouvent entre vous et la lune
routes
Une grande route nationale bordée de peupliers et coupant le paysage peut vous être très utile pour vérifier votre position
note spéciale Agents
saboteurs la plastiqueuse à bicyclette
(
Les officiers instructeurs spécialisés
dans le sabotage et parachutés sur les terrains situés dans les
départements de l'Orne et la Sarthe seront identifiés généralement
sous des pseudonymes empruntés aux noms utilisés dans l'outillage
agricole
Jeanne Couty Bohec alias "Rateau "fera une arrivée trés remarquée dans
la nuit du 29 Février au 1er Mars 1944 sur le terrain Ouragan à
Assé le Boisne . " Le boa en s'enroulant vous apportera un
petit "
Elle passera ensuite par Paris y
rencontrera le DMR ( délégué militaire régional ) Fantassin et
gagnera la Bretagne où elle deviendra la plastiqueuse à bicyclette
( Témoignage Jeanne Bohec CR d'opérations Lorient 16 8 1944 '"
La plastiqueuse à bicyclette An BCRA 205 dossier 6 piéce 33 à
vérifier
Jean Clouet des Perruches qui était
sur le terrain pour la réceptionner crut sur le moment qu'il
s'agissait d'un agent de la Gestapo cherchant à infiltrer son équipe
Témoignage de Jeanne Bohec
" Nous approchions du lieu de
rendez vous . La petite lampe rouge s'allume . Le pilote avait dù
apercevoir les lumiéres sur le terrain . Le dispatcher accrocha la
static line ouvrit la trappe . Je m'installai au bord du trou , les
jambes dans le vide " Action Station " Dans la nuit noire à
ma droite ,les quatre feux de position formaient un L sur le sol
....
J'atterris au milieu d'un champ . Mon
parachute s'étala à côté de moi . Je m'en débarrassai . Il me
semblait qu'il faisait moins froid qu'en Angleterre ....Personne
,silence de la campagne endormie
En effet un parachutage aura lieu sur
le terrain " Ouragan "dans la nuit du 29Février au 1er Mars
1944 à Assé le Boisne Sarthe . Clouet des Perruches , Brigitte
Friang Croisé et l' équpe de réception locale #Deux agebnts
tracteur détai
Voir note spéciale Agents saboteurs
Les officiers instructeurs spécialisés
dans le sabotage et parachutés sur les terrains situés dans les
départements de l'Orne et la Sarthe seront identifiés généralement
sous des pseudonymes empruntés aux noms utilisés dans l'outillage
agricole
Jeanne Couty Bohec alias "Rateau "fera une arrivée très remarquée dans
la nuit du 29 Février au 1er Mars 1944 sur le terrain Ouragan à
Assé le Boisne . " Le boa en s'enroulant vous apportera un
petit "
Elle passera ensuite par Paris y
rencontrera le DMR ( délégué militaire régional ) Fantassin et
gagnera la Bretagne où elle deviendra la plastiqueuse à bicyclette
(
Témoignage Jeanne Bohec CR d'opérations Lorient 16 8 1944 '"
La plastiqueuse à bicyclette An BCRA 205 dossier 6 piéce 33 à
vérifier
Jean Clouet des Perruches qui était
sur le terrain pour la réceptionner crut sur le moment qu'il
s'agissait d'un agent de la Gestapo cherchant à infiltrer son équipe
!es deux agents parachutés à Sées en avril 1944
En effet un parachutage aura lieu sur
le terrain " Ouragan "dans la nuit du 29 Février au 1er
Mars 1944 à Assé le Boisne Sarthe . Clouet des Perruches ,
Brigitte Friang Croisé et l' équpe de réception locale #
les deux agents parachutés à Sées se nommaient sarcloir et x
Localités importantes tout ce qui ressemble à une grande ville ou un centre industriel doit être évité en raison de la présence possible d' une DCA
Une ville est aussi bien caractérisée
par les forêts qui l'entourent et d 'autres points caractéristiques que
le pilote ou le navigateur ont pris le soin de noter
Notons en passant la difficulté a identifier un terrain balisé en plaine et quelquefois en pleine forêt
j'ai
rappelé sommairement les précautions prescrites par Hugh Verity avec
lequel j'ai communiqué durant quelques années On peut considérer que les
recommandations succinctes ci dessus relatives aux points de repère concernent aussi bien les pilotes
de bombardiers du SOE( Halifax Lancaster Liberator ) que les pilotes de Lysander ayant pour tache d
acheminer et de récupérer des agents secrets sur le territoire national
Plusieurs
personnalités appartenant a la résistance furent ainsi conduits de
nuit en Grande Bretagne ou déposés sur le territoire national sur des
terrains dont les noms sont gardés secret
Correspondant avec Hugh verity et me reportant a l 'article suivant issu de son ouvrage" we landed by moonlight"je lui ai donné la solution de son probléme
Traduction de son article issu de " we landed by moonlight"
édité dans les années 50
"la
nuit du 16 au 17 Aout 1943 Je me dirigeai vers Couture sur loire
;;;;entre Sées et 'Alençon j ai eu une expérience pénible a 22;25 h toutefois
exceptionnelle sur les routes de France , Juste un mile devant moi,
je vis un avion en flammes victime sans aucun doute d'un chasseur
allemand Dans la lueur des flammes j'espérai découvrir un parachute
mais rien .....j 'avais un paquet a délivrer à Dericourt ..."
 |
| le lysander |
Aprés
quelques recherches sur les documents en ma possession je lui
précisais après la Libération que cet avion en flammes rencontré lors de sa
mission en cours était un Lancaster de la RAF touché lors d'un raid sur Turin
( ref à bomber command losses de la RAF ( wr chorley )edition 1943
NOTE adressée à HUGH VERITY concernant le Lancaster tombé au Chenay dans la nuit du 16 au 17 aout 1943
Squadron Leader John Russell Watson - Pilot
Sergeant Adrian Bernard Heyes - Flight Engineer of Birmingham
Sergeant Walter Bell Pettet - Wireless Operator/Air Gunner of Edinburgh
Mais aussi l échec ....d ' un comité de réception
« Le bruit des moteurs s était rapproché,
la masse noire s était profilée dans le ciel gris nous avions rallumé les lampes
et passé en morse la lettre de reconnaissance du terrain ,l’avion était
là , nous avions tous tremblé de joie
L’appareil s était éloigne il ne nous
avait pas encore repéré ,peut être était il gêné par la luminosité de la lune pour
distinguer nos maigres torches .Il allait revenir ….
Il revint
Here France calling , France calling .Oui
la France appelait......Le bombardier vira .
Les hommes injuriaient le bombardier dans
l’espoir de le voir réagir sous l’injure
Le bimoteur tournait , tournait , le
grondement s’amenuisait enflait
Les halètement des moteurs s'était enfonçé
dans le ciel .Plus rien.le silence
Nous retenions notre souffle essayant dans
ce vide affreux de percevoir un bourdonnement lointain
Rien ;;;le néant
C était déjà arrivé dix fois qu un avion
ne vint pas au rendez vous Mauvaistemps sur les côtes anglaises ,ne trouvant pas le terrain balisé .Touché par
la flak en pénétrant sur le territoire français .Ou abattu.
Mais de l’avoir vu a
le palper c est encore bien plus pénible!
La mise en place d’un comité de réception
,une douzaine
d hommes ,des jeunes filles mêlées à eux parfois pour ramasser
les pépins, les enterrer, transporter les colis jusqu'aux voitures ou aux
camions a gazogéne munis" d' ausweis "quand on en disposait ou jusqu‘à la cache
voisine pour assurer la garde du terrain
Aussi en cas de patrouille allemande tout
cela n allait pas sans mouvements nocturnes dangereusement repérables dans
la campagne française où il était interdit de circuler de minuit à 5 heures
du matin Le risque était grandement multiplié lorsque l’avion (ou les avions)
_tournait trop longtemps avant de découvrir le terrain
Pourtant ce qui était plus pénible encore
c était l’impression de solitude ,d abandon La solitude s’appesantissait
toujours à la fin d’une opération même réussie les hommes se retrouvaient livrés
à eux-mêmes confrontés a la réalité _
…la Gestapo_ »
Voila quelle était l’ambiance en cette
période d' occupation Comment comprendre que la liberté pouvait venir du ciel ?
les difficultés de l 'avion lanceur
Inutile
de dire qu'un bombardier lourd occupé à larguer du matériel volant
ailerons baissés juste au dessus de la vitesse minimale de sustentation
et dont l'équipage n'a d' yeux que pour tout ce qui se passe en dessous
de lui constituait du point de vue de la chasse ennemie une cible révée
surtout lorsque la zone de parachutage était enclose entre des hauteurs
ce qui réduisait les chances du pilote de s échapper aprés l action
La
navigation présentait des difficultés toutes particuliéres pour
l'équipage emission spéciale qui pour mener sa tâche a bien devait être
capable de repérer avec la plus grande précision une cible minuscule et
souvent mal définie aprés avoir volé de nuit pendant des heures au
dessus du territoire ennemi
La navigation tant durant l ensemble du trajet qu' a l 'approche de la cible devait être de premier ordre
Les comités de réception avaient l' ordre de choisir des sites aisément repérables du ciel etL'avion
devait chercher des lumiéres destinées a le guider qui devaient etre
cachées par un bois ou plongées dans les profondeurs d une vallée Le
navigateur devait presque toujours recourir a la lecture des cartes et a
la navigation a l'estime ce qui exigeait du pilote qu il vole à basse
altitude au dessus de l 'europe occupée
Vers le milieu de la guerre un
systéme radar amélioré et embarqué pouvait trouver sa place dans la
cabine du navigateur lui facilitant ainsi la detection d un objectif
dissimulé dans un flot de verdure
Des terrains furent équipés d un
nouvel équipement l Euréka facilitant le contact entre le sol et l
avion a a recherche de son objectif
Le dixiéme environ des echecs nocturnes était
dû comme le reconnaissent les pilotes a des erreurs de navigation ,ils
ne trouvaient pas leur zone de largage ,Moins d un sur vingt a une
défaillance technique de l appareil les ateliers de Temsford fournissant
généralement un excellent travail d entretien
Soit
les conditions étaient si mauvaises que l avion devait revenir a sa
base avant d etre arrivé dans la région visée soit il la trouvait mais
obscurcie par les nuages
Tous
les autres échecs c'est a dire entre la moitié et les deux tiers
eurent pour origine l'absence du comité de réception generalement comme
ne pouvaient lignorer les aviateurs pour des raisons indépendantes de
sa volonté
En
effet la menace d'une intervention des troupes de la wechrmach
surveillant prairies et forêts était toujours présente surtout aprés le
couvre feu
 |
| EMETTEUR RECEPTEUR |
Meme
si l'avion et le comité arrivaient tous deux au bon endroit le
parachutage pouvait poser probléme seul les pilotes les plus
expérimentés savaient évaluer avec précision leur altitude
Les américains des "Carpetbaggers"
sont venus à la rescousse. Le 5
Avril 1944, un Liberator du 801
BG / 406 BS touché par la DCA de Berniéres le Patry (Calvados) s'abattait
au lieu dit "Les Haieries" ou "Anfernel" (3 kilomètres au nord
ouest de Tinchebray). Ce bombardier de l'USAF en mission SOE avait décollé de
Harrington à 22 heures pour ravitailler le maquis de Sainte Marguerite. Six
membres d'équipage seront tués lors du crash et inhumés à Truttemer le grand. Le
lieutenant Kalbfleisch rescapé témoigne
" résistance lorsqu'un
obus a touché le compartiment du navigateur. A 150 mètres, nous avons
sauté et l'appareil s'est écrasé aussitôt après. Les allemands nous ont tiré
dessus pendant que nous descendions. Je n'ai pas eu le temps de cacher mon
parachute et je l'ai jeté dans une rivière proche"
Le sergent Porter autre rescapé est tombé à proximité des batteries de DCA
allemandes "J'ai passé une
haie, je l'ai suivie en courant en passant prés de plusieurs pièces de DCA à ma
gauche et à ma droite… évitant ainsi de justesse ceux en fait qui nous avaient
abattus"
___Le 11 Avril
1944 vers 23h15, un Halifax en
mission de ravitaillement des maquis de la région touché par la DCA, passait en
flammes au dessus du bourg de la petite Savetiére (Commune de Sainte Gauburge)
en éclairant les maisons d'une immense lueur. Ses moteurs tournant à plein régime,
il s'écrasait à environ 200
mètres de la route de Paris. On retrouvera dans les débris
une grande quantité de produits pharmaceutiques, postes radio, destinés au
maquis. Les huit membres de l'équipage Anglais et Canadiens sont enterrés à Saint Hilaire sur Rille prés de Aube
(Orne).
____Dans la nuit du 9
au 10 Mai 1944 un short Stirling
du 90 eme Squadron basé à Tudenham, Suffolk, est touché par la batterie de
Berniéres le Patry et s'écrase vers 23H45 à Saint Jean des Bois (Tinchebray). Trois
hommes d'équipage sont cachés dans la forêt de Ger (Témoignage de André
Rougeyron) et ravitaillés par un cultivateur Henri Durand habitant les Gériers.
"Nous partons pour la forêt et
après plusieurs appels découvrons trois gaillards bizarrement accoutrés
s'approchant craintivement".
l
s'agissait de Ph. Green, Royston John et de Charles Potten. "Par la suite,
j'apprends que le docteur Ledos a été arrêté, et je demande à Bourgoin d'
abriter mes pensionnaires à l'Ermitage". Green
témoigne "C'était mon 31 eme vol et nous avions pour mission de
lâcher armes et approvisionnement sur un terrain situé dans le sud de la
France. Nous devions effectuer ce trajet en respectant un horaire rigoureux,
franchir la côte immédiatement après le crépuscule et au retour, être hors de
France avant l'aurore. Nous volions prés du sol sans avoir éveillé exagérément
les défenses allemandes. Nous avons été touchés par la DCA (Il s agissait de la
DCA de Berniéres le Patry ). Moteur tribord en feu, moteur bâbord hors d'usage.
Trop bas, nous ne pouvions sauter en parachute. Il fallait donc s'écraser avec
la machine... L'un après l'autre, nous sommes sortis dans l'herbe longue et
drue, une bonne terre de France ferme et sûre" témoignera l’un des rescapés.
_____
Inutile
de dire qu'un bombardier lourd occupé à largeur du matériel volant
ailerons baissés juste au dessus de la vitesse minimale de sustentation
et dont l'équipage n'a d' yeux que pour tout ce qui se passe en dessous
de lui constituait du point de vue de la chasse ennemie une cible rêvée
surtout lorsque la zone de parachutage était enclose entre des hauteurs
ce qui réduisait les chances du pilote de s échapper aprés l action
La
navigation présentait des difficultés toutes particulières pour
l'équipage emission spéciale qui pour mener sa tâche a bien devait être
capable de repérer avec la plus grande précision une cible minuscule et
souvent mal définie aprés avoir volé de nuit pendant des heures au
dessus du territoire ennemi
La navigation tant durant l ensemble du trajet qu' a l 'approche de la cible devait être de premier ordre
Les comités de réception avaient l' ordre de choisir des sites aisément repérables du ciel et L'avion
devait chercher des lumiéres destinées a le guider qui devaient etre
cachées par un bois ou plongées dans les profondeurs d une vallée Le
navigateur devait presque toujours recourir a la lecture des cartes et a
la navigation a l'estime ce qui exigeait du pilote qu il vole à basse
altitude au dessus de l 'europe occupée
Vers le milieu de la guerre un systéme radar amélioré et embarqué pouvait tro
Qu ‘aurait été en effet la résistance si les combattants
de l’ombre n’avaient eu aussi pour eux l’azur et le ciel ? Sans la voie
des airs sans la possibilité offerte de la sorte à la France libre et
aux alliés de pénétrer au coeur du territoire occupé par l’ennemi ,en se
jouant de la mer ,des frontières et des fortifications,comment les
groupes de résistants auraient ils pu communiquer , recevoir des armes ,accueillir
ou envoyer des agents ? Et sans la télégraphie sans fil ,sans les
émissions des radios clandestins éparpillés à travers la France ,sans
les écoutes de Londres ,sans les messages personnels de la BBC ,comment auraient pu s’effectuer les liaisons , se transmettre les instructions , s’échanger les renseignements ?
Un rapport de gendarmerie est riche d'enseignements concernant les parachutages des Alliés :
"De multiples parachutages de personnes, mais surtout de matériel
(postes de TSF, explosifs, armes) sont réalisés par des avions
britanniques décollant de Tempsford L'expérience a prouvé que des terrains de 250 m de long et
de 150 m de largeur sont suffisants, s'ils sont un peu isolés des
villages, à peu près plats et sans clôtures ni obstacles. . Le matériel, toujours parachuté, comprend :
des cylindres remplis d'explosifs, pistolets, munitions, bobines
pellicules photos, bloc-notes, cigarettes
etc. [...].
Tout le matériel, combinaisons,
casques etc. est souvent
dissimulé sur place dans les meilleurs délais , au besoin dans un
ruisseau et au moment propice récupéré par la suite. Les balisages des
terrains sont toujours réalisés par des
lampes électriques de poche puissantes, maniées par des complices ou
sympathisants qui sont sur les lieux.
Tout se fait en période de nouvelle
lune. C'est à ce moment que la surveillance doit être très intense.
Parfois, à cause du vent, le contact au sol des personnes ou objets
parachutés se fait assez loin en dehors du chemin repéré.par nous :dés la réception du message émis par la bbc
Il faut s'assurer le concours de personnes de confiance habitant à proximité de
terrains qui semblent utilisables dans le but , d obtenir des renseignements les plus divers ".
Témoignage d' un pilote du SOE
"Cette
bonne terre de France si attirante mais inhospitalière il nous faut la survoler
avec la plus grande prudence avec un équipage perpétuellement aux aguets
scrutant du sabord ou de la tourelle arriére les profondeurs de la nuit "..equipage composé de dix
hommes de nationalités souvent différentes Britannique, Canadiens, australiens ,néo zélandais , polonais
« Chaque sortie
dure plus de sept heures, des heures d’un vol angoissant dans la solitude
nocturne, passées a survoler la mer toujours hostile et la terre ennemie, à
surveiller un vide que peut a tout moment trouer le chasseur de nuit assassin,
a scruter un néant que perce le pinceau glaçé du projecteur doublé du mortel
éclatement de la flak _ »
Après avoir accompli leurs mission
journalière et rempli leurs obligations quotidiennes , les gendarmes
présents sur le lieu du parachutage assuraient à leurs risques et périls
la sécurité du terrain en protégeant le « comité de réception « et en
éloignant les éventuels curieux…. et tout cela au nez et à la barbe de
l’occupant toujours aux aguets et doté de moyens de détection
extrêmement précis
Se posait alors le probleme du transport nocturne
des armes et munitions dans une nuit rendu pleine d’embûches par un
couvre feu aux horaires intraitables
C’était un véhicule fourni par
un fermier , un particulier ou une administration laissé la nuit à la
garde d’un chauffeur quand ce n’était pas celui de la gendarmerie
Soupçonnés d’avoir aidé en juillet 1943
les rescapés d’un bombardier américain( crash d’une forteresse volante à
Belfonds voir ) abattu prés de notre ville , nos quatre gendarmes seront
arrétés les 7et 8 aout
Interrogés , battus ,torturés …Ils
rencontreront alors l’enfer de Dora Ellricht , sinistre tunnel où Hitler
construisait des fusées et les fameux v2 La cause immédiate de la
construction de cette usine souterraine résultait du bombardement de
Peenemunde et du désir du commandement allemand de déplacer sous terre
la fabrication des fusées
Dans cet enfer souterrain les détenus ne
pouvaient échapper à la poussière , au bruit infernal des machines et
des explosions , à la circulation intempestive des wagonnets
chargés de pierres . L’eau courante était absente
Le sabotage devint alors un devoir sacré
Un seul de nos gendarmes revint de cet enfer …..c'est
l adjudantTual
Affaire de Belfonds
Les allemands réalisent que les
six rescapés du crash de Belfonds n 'ont pu s évader sans l aide d une assistance extérieure
Plusieurs personnes interrogées parlent de la
présence d un dénonciateur t sur le terrain où les aviateurs rescapés ont été
récupérés par les villageois
Nous n’ignorons pas que les
gendarmes Daniel et Bouyet sont
convoqués à la kommandanture et ne rentrent pas
L’adjudant Tual et le gendarme Collet
sont appelés à leur tour à la kommandanture
Soupçonnés d’avoir assuré plusieurs parachutages et
facilité l’évasion des aviateurs de la
forteresse , ils sont alors interrogés
et emprisonnés à la caserne Bonet
d’ Alençon
12 Aout 1943 le tribunal allemand d Alençon inflige pour non
dénonciation des aviateurs américains a 6 otages des peines allant de 8
jours a 7 semaines de prison
Mme Collet réussit à savoir que tous
quatre passeront à Sées dans la matinée du 14 Aout ,encadrés par plusieurs
gardes allemands Tous préparent un colis dans l’espoir de leur donner avant un
départ vers une destination inconnue
Mes parents font en sorte de trouver quelques denrées pour
les envoyer à la gendarmerie
Extrait d’une lettre pleine d’émotion de Madame Collet
« Nous attendons le passage du car avec
impatience ;place du Parquet;; notre déception est grande.. le car passe sans s’arrêter malgré nos signes
désespérés Nous le regardons disparaître au loin… impuissantes ……
emportant nos êtres chers vers leur nouveau destin…. mais ô chance les allemands se ravisent et
le car stoppe quelques centaines de mètres plus loin Nous courons vers lui ….,L’officier
allemand nous demande « que
contiennent ces colis ? »Nous répondons « des vêtements
_» L’officier accepte que nous remettions notre précieux chargement à nos
époux …. dieu merci !
Le car repart nous laissant seules et désespérées ….nous
rentrons le cœur serré sachant que nous ne les reverrons pas d’içi longtemps
. »
Le car venait de la caserne Bonet d’Alençon où les prisonniers
étaient retenus en attente de jugement
Les quatre gendarmes
seront interrogés au palais de justice de Rouen et à la prison de Bonne
Nouvelle avant de partir pour … l’Allemagne
Tous quatre seront déportés au camp de Dora Elrich camp spécialisé dans le montage des fusées et
v2 Seul l’adjudant Tual reviendra de déportation
A partir du 1 avril 1945 les
SS entreprendront l’évacuation du camp en direction du nord notamment vers Bergen Belsen où de nombreux
déportés périront Les gendarmes Collet
, Daniel périront épuisés
dans le train ,le gendarme Bouyer étant décédé à l’infirmerie du camp
Je n’ai pas oublié Leurs noms sont
gravés pour la postérité sur le monument de Belfonds ( Orne )élevé à la
mémoire des resistants et des victimes du crash de cet avion de l 'usaaf
La voie des airs dominée par l aviation
britannique opposée à la luftwaffe fut donc
l 'élément vital et prépondérant qui permit a la
Résistance française de rivaliser avec succès contre l ennemi
occupant
Les chiffres et les faits sont là C’est grâce au
SOE que parvinrent à destination des milliers de tonnes d’armes et
d explosifs envoyés pour aider les réseaux et les comités de
réception
Le problème du SOE …le manque d avions
Heureusement l’US Air force viendra à la rescousse plus tard dans
le cadre des missions Harry
Nous sommes en Avril 1944 une
opération d envergure se prépare , le parachutage de deux agents du
BCRA ( agents de la France libre ) est programmé
Le terrain choisi est " le haras des rouges terres " situé
Le parachutage se déroule dans les meilleures conditions
dans la nuit du 9 au 10 avril 1944
Le Halifax après avoir décollé
de Tempsford et les resistants sont fidéles au rendez vous
On note la présence sur les lieux du parachutage de Edouard Cercueil ;;;;;;; hommes courageux entre tous et ,conscient de l
importance de sa tâche
Des la réception du message de la BBC a destination de l équipe d Edouard Paysant des résistants " présent à Saint Marcel et dont le code secret est diffusé par la BBC "un nouveau jour s annonce
" Le Halifax survole la zone prescrite et définie par les
coordonnées d usage largue 15 containers et des paquets
Pour des raisons inconnues en raison des conditions météo locales les deux agents de la France
Libre sont
parachutés hors de la zone prévue et atterrissent a proximité du moulin d
Escures . Heureusement deux resistants du BOA sagien les récupére et les conduisent rue Saint Martin au no 30 demeure
de Edouard Cercueil
 |
"Deux agents secrets du BCRA émettaient au 2 ème étage à destination de Londres |
Clouet des perruches s insurge contre cette erreur du
bombardier
Ce parachutage présente une certaine importance dans la mesure ou
la totalité du chargement est destinée au radio Wallon présent a Saint Marcel aux cotés de Edouard Pâysant ( Ref a l Espoir des ténébres Parachutages sous l occupation par
Michel Pichard coordinateur national du BOA )
)
Nous sommes le 12 avril et la documentation
fait état de contacts permanents entre les différents membres Edouard Paysant Marie Croisé et ,le radio Wallon en attente de ce
matériel indispensable aux échanges radio avec l'aviation alliée)
la BBC notre espoir , notre vie , soutient notre moral
Un message secret de la radio de Londres venait d annoncer un lieu du parachutage et la date du rendez vous
"Veuillez écouter tout d'abord quelques messages personnels."
Ce 14 août 1944 en début de soirée, parmi les quelques mots prononcés
sur l'antenne française de la BBC, certains résonnent tout
particulièrement aux oreilles de la Résistance.
"Nancy a le torticolis",
"le chasseur est affamé",
"Gaby va se coucher dans l'herbe"...
Encore
fallait il que l’avion de la RAF soit présent à l’endroit précis et dans
une nuit uniquement éclairée par la pleine lune Nous les jeunes nous en étions conscients mais dans l incapacité d aider nos glorieux aînés
L' église de .Montmerrei ..... représentait alors le lieu de rassemblement des résitants avant le grand départ vers le lieu de récupération des containers d armes lançés par les bombardiers de la RAF
 |
| atterrissage d un container |
Echappant
aux tirs de la DCA locale
et aux chasseurs de nuit de la Luftwaffe , l’avion allié devait naviguer feux éteints dans la pénombre ,repérant les
points stratégiques ,lacs ,ponts lignes de chemin de fer, cours d’eau
, villes calfeutrées ..enfin toutes sortes de signes distinctifs avant
de trouver enfin un terrain identifié par la présence au sol de lampes
torche formant une lettre de reconnaissance Il s’agissait de larguer à
cet endroit précis les containers de munitions et de médicaments
attendus par les résistants
Radio Londres une arme de guerre .......extrait"les chemins de la mémoire " .Aurélie Luneau historienne
La grande arme secréte , ce n'étaient pas les V1,V2 c était la radio .Et ce sont les anglais qui l ont mise au point .ainsi s exprimait Jean Galtier -Boissiére
écrivain, (polémiste ,journaliste français )au sortir de la seconde
guerre mondiale témoin de la violence d' une guerre des ondes qui s 'est
jouée au quotidien entre trois radios majeures , radio Paris ,radio Vichy et la BBC
Le
générique de cette émission "les Français parlent aux Français"
débutait par "pon pon pon ponnnn", qui sont les premières notes de la 5°
Symphonie de Ludwig van Beethoven, et qui furent choisies comme symbole
pour ce générique parce que ce "pon pon pon ponnnn" ressemblait à la
lettre "v" en morse : " . . . -" , "v" comme "victoire"
Des lettres inédites retrouvées dans des cartons d archives d' Angleterre témoignent de cette
relation unique tissée entre radio Londres et ses auditeurs et nous
révèlent l 'état de l opinion publique de ces français restés avides de liberté ...." sous le joug allemand " Chers amis anglais merci pour le réconfort qu' apportent vos émissions
Messieurs vous avez droit a l infinie
reconnaissance des français patriotes par vos émissions quotidiennes
alors que tout croulait autour de nous vous nous avez maintenus en
contact avec le monde extérieur vous avez été pour nous le phare qui
permet aux marins
d éviter les écueils et indique l entrée du port ,vous avez été le guide qui soutient et réconforte
"Decollage de Tempsford survol de Londres largage des containers
En france la TSF devient un bien
précieux mais a l approche du dénuement des saisies de postes TSF furent
engagées la plus importante en mars 44 dans l 'orne ,le calvados, la
manche l eure le nord et la seine inférieure théatre possible d un
débarquement allié
En ce qui nous concerne lors de notre
arrivée dans notre refuge de la mairie de Bursard nous dormions dans le
grenier avec mon frère parmi tous les postes de TSF qui avaient été
récupérés dans le village dictant notre décision de construire un poste a
galène poste qui restera caché dans l un des pupitres de la classe durant le séjour de la compagnie allemande de DCA dans notre demeure

le comité de réception des résistants
Me rèfèrant aux archives de l Orne j ai pu obtenir quelques extraits relatifs aux parachutages exécutés dans notre département
la surveillance du ciel par les gonios
Ce matin d ‘avril avec mon père de notre
fenêtre donnant sur la place du Parquet ,poste d’observation privilégié
nous sommes intrigués par la présence de deux camions équipés de
matériel inconnu . Leurs occupants casqués d’écouteurs se livrent à des
manoeuvres mystérieuses prés du piédestal en granit de Conté , socle
débarrassé de son grand homme pour l’éternité .Vêtus de bleu , il
s’agirait de soldats de la Luftwaffe reconnaissables à leurs uniformes
Nous demandons à un gendarme de nos connaissances la cause de
cette animation….il reste muet Il est vrai que ce n’est plus la même
brigade ,la précédente ayant été déportée en Août dernier après la
chute de la forteresse volante à Belfonds
Trois soldats casques avec écouteurs s’agitent autour des camions
alors surveilles par deux feldgendarmes reconnaissables à leur
plaque de poitrine bien astiquée L’un d’eux entre dans notre cour et demande à mon père un seau d’eau
Sur le toit du camion un grand cercle en métal dont je ne puis distinguer l’utilité
J’ai pu avec le temps trouver la raison de cette animation….Ces soldats se préparaient ou s’exerçaient à une opération de détection
d’émetteur et certainement en relation avec l’émetteur caché chez Cercueil ( voir témoignage Moise Cercueil ) …bien sûr nous
ignorions cette situation
Les allemands avaient donc été informés d’un parachutage dans la
région….
Edouard Cercueil homme courageux cachait en effet
clandestinement deux agents secrets parachutés au haras des
Rouges Terres Averti in extremis par Mr Jouy
épicier ,voisin de Ipcar électricien habitant place du Parquet
s’empressa de faire évacuer les deux agents dans la campagne
environnante
"Aussitôt mon père monte au premier et
demanda aux agents s'ils avaient des problèmes . Les agents
racontèrent qu'ils étaient en train d'émettre vers l'Angleterre et
qu'ils avaient été captés par un avion allemand . Bien qu'ils
aient coupé leur émission l'avion survola )plusieurs fois le
secteur
Un cheval fut attelé dans la minute à
un tombereau ,les agents cachés sous les couvertures montérent dans
le tombereau avec le matériel recouvert de paille Ils furent
emmenés dans la campagne de Champ Gérard qui était trés boisée à
l'époque
Bien que n'ayant rien trouvé les
allemands arrêtérent une dizaine de personnes qui habitaient dans le
secteur répéré ; Aprés interrogation elles furent relâchées .
L'occupant ne trouva jamais l'emplacement de l'emetteur pourtant les
personnes arrêtées habitaient à 200 métres du 30 rue Saint Martin
De Londres nous parvenaient certes les
ordres mais aussi tous les éléments indispensables à notre survie . et l avion ....était .le cordon ombellical qui nous alimentait tant moralement que matériellement (Brigitte Friang)
Enfin grandissant le vrombissement grave d un moteur ...
Va t il repérer nos signaux au sol,?
Est ce bien lui celui que nous attendons ?,allié?ennemi ?
Les yeux fouillent le ciel sombre , au bruit des moteurs on l'identifie ;
C 'est lui ....une grande ombre apparaît très prés au dessus de nos têtes et passe une premiere fois
Les
signaux s allument au sol ;l'avion répond par une lumière clignotante
et
s éloigne pour revenir bientôt tous feux éteints six fois ,huit
fois,silhouette à peine visible ,noire dans la nuit noire et dans un
bruit de tonnerre
Le risque d attirer l'attention au sol
grandit à chaque minute si l'appareil reste dans le voisinage en
estimant que les allemands sont équipés de radar permettant de détecter
et donc d'intercepter l'avion lanceur de containers
Un deux , trois, quatre nous comptons les parachutes qui
s ouvrent comme d 'énormes fleurs cinq
,six, huit ,dix Nous repérons le point de chute dans la prairie ... le
compte y est.....
Un souffle de fraternité est passé tout prés si prés!
Avec le contenu des containers armes,explosifs ,nous récupérons le "colis cadeau ..".
Cigarettes pour les fumeurs ..du thé pour les amateurs
L'avion est reparti.. son bruit
familier s éloigne Et maintenant reste le travail dont il faut s'
acquitter à la hâte avec la plus grande prudence
Eglise de Montmerrei
'Echec du
parachutage du 9 Juillet 1944
Nos nous étions rassemblés prés de l église de Montmerre
"Nous avons encore en mémoire l'échec du
parachutage du 9 Juillet 1944 par quatre appareils Halifax pour une
livraison totale de 16 Tonnes (par E.Voyer)
Entendant le ronronnement d'un avion
gros porteur en direction du terrain nous avons donné le signal d'allumage des lampes de la ligne de balisage en même temps que la
lettre conventionnelle en morse
Au moment où cet avion passait nous nous
aperçumes un peu tard qu'il
s' agissait d'un Dornier bombardier allemand qui précédait de
peu l'un de nos avions livreurs Halifax attendus Celui ci après avoir
disparu à l'horizon fit demi tour et revint sur le terrain à nouveau
balisé c'est alors que le Dornier qui préçédait de peu l'un de nos
livreurs fit un passage sur le terrain en faisant feu de toute la
puissance de ses mitrailleuses Par chance aucun de nos hommes ne fut
atteint ...mais une vache qui se trouvait à l'extrémité du terrain fut
touchée et du être abattue
il me fallut indemniser son propriétaire
soit la somme de 10000 francs ...car c était bien entendu la meilleure
vache du troupeau..."
Après cette alerte le premier Halifax nous larguait son chargement suivi a peu d'intervalles par nos trois avions livreurs
Une pluie de parachutes et de containers
parsemait le terrain mais fort heureusement nous étions nombreux plus d
une trentaine dont une dizaine préposés à la sécurité aux abords du
terrain"
Rappelons
que le ciel de nuit est une occasion d’affronter
pour les lourds bombardiers ….. les rapides chasseurs de la
Luftwaffe
Cette
bonne terre de France si attirante mais inhospitalière il nous faut
la survoler avec la plus grande prudence avec un équipage
perpétuellement aux aguets scrutant du sabord ou de la tourelle
arrière les profondeurs de la nuit
..Equipage
composé de dix hommes de nationalité souvent différente
Britannique, Canadiens, australiens polonais néo zélandais etc..
«
chaque sortie dure plus de sept heures, des heures d’un vol
angoissant dans la solitude nocturne, passées a survoler la mer
toujours hostile et la terre ennemie, à surveiller un vide que peut
a tout moment trouer le chasseur de nuit assassin, a scruter un néant
que perce le pinceau glaçé du projecteur doublé du mortel
éclatement de la flak _ »
Les
nouvelles…… nous les jeunes nous ignorons tout de la politique et
de ses effets mais nous commençons à comprendre que des faits
exceptionnels se déroulent au dessus de nos têtes la nuit dans nos
campagnes et l ombre de nos forêts
Il
faut comprendre également que notre esprit était faussé par la
propagande permanente diffusée sur les chaines de
radio du gouvernement radio paris etc..
Extrait de mon
journal
« Le poste de
T.S.F. familial était lui toujours présent, là, prés de la
fenêtre, dressé sur un meuble en bois ciré, dans notre petite
cuisine qui nous sert de salle à manger .La B.B.C.avec les
quatre coups annonciateurs de « la symphonie de Beethoven « c’était
presque notre raison de vivre . Chaque soir malgré le brouillage,
alors que les aiguilles de notre « Pendastrava « style
« Art Déco « fonctionnant avec des piéces de dix francs,
marquent 8 heures, nous écoutions religieusement en sourdine les émissions en essayant de trouver une signification aux messages
mystérieux et codés diffusés par l’émetteur anglais . Messages
à destination des « réseaux de l’ombre « sans aucun
doute . !
Pour nous c’est presque l’ébauche d’un acte
de rebellion que l’écoute réguliére et clandestine de cette émission destinée aux nations opprimées .Encore faut il être très
prudent ..., bien fermer les deux portes et notre unique fenêtre,
tendre avec précaution le rideau noir qui camoufle notre vitrine,
et se concentrer pour percevoir une voix lointaine quelquefois
inintelligible et nasillarde perturbée par les brouillages allemands
Un après midi un
alsacien de la wehrmacht entrant doucement dans notre salle à manger
est venu nous prévenir que l on percevait les sons propres à la BBC
dans le salon ou les clients attendaient patiemment leur tour
Nous ne pouvons
oublier les excellents commentaires de Maurice Schumann qui chaque
jour par le canal de la BBC vantaient l unité d action de tous les
alliés et on commençait à percevoir une lueur d espoir
. Ces voix d’outre manche nous faisait oublier
les diatribes de propagande que nous assénait chaque soir Jean
Hérold Paquis le chantre de radio Paris .
Mais on parlait déjà de nous enlever notre
valeureux poste ....par ordre de la Kommandantur _ »
Reflexions
personnelles
RESUMONS
Pour ce qui est de la lutte clandestine organisée par les réseaux
de résistance, une évidence s’imposait, on ignorait tout du SOE
mais on découvrait que les conquêtes techniques et en particulier
la radio constituaient des atouts aux effets incalculables.
Que
pouvait faire la résistance si les combattants de l’ombre, même
pourvus d’un courage exceptionnel, n’avaient eu pour eux la voie
des airs, sans la possibilité offerte de la sorte à la France libre
et aux alliés de pénétrer au coeur d’un territoire occupé par
l’ennemi, en rivalisant avec les dangers de la mer, les défenses
des frontières et des fortifications. Comment les groupes de
résistants auraient ils communiquer avec nos futurs libérateurs ?
Tous ces événements
se déroulaient la nuit »La lune a été pour le SOE une
déesse encore plus puissante que dans les religions antiques du
moyen orient « Recevoir
du ciel par une nuit de pleine lune, quel que soit le temps, des
armes, des munitions, des médicaments… tel était l’enjeu de
cette lutte qui opposait sur terre et dans les airs, la Luftwaffe, la
flak allemande, la Wehrmacht, les bombardiers alliés, et
les
résistants combattants de l’ombre disséminés dans les maquis."
Les
messages de la BBC.
Sans
la télégraphie sans fil, sans les émissions des radios clandestins
éparpillés à travers la France, sans les écoutes de Londres, sans
les messages personnels de la BBC, comment auraient pu s’effectuer
les liaisons, se transmettre les instructions, s’échanger les
renseignements ?
Chaque
soir les messages les plus sibyllins abondaient sur la BBC, que
beaucoup de français écoutaient discrètement avec la crainte
permanente d’être surpris. Un
message secret de la radio de Londres annonçait le lieu d’un
parachutage et la date du rendez vous adressés à différentes
équipes sur le qui vive mais conscients du danger.
Six avions du
SOE du type Halifax donc spécialisés dans les parachutages de
containers aux résistants seront abattus dans notre departement
durant la période de l’occupation ( il s agit uniquement d avions
destinés aux parachutages sinon le nombre d avions abattus toutes
nationalités confondues excédera plusieurs centaines )
Pour
comprendre la situation de notre petite ville durant l occupation….
On se posait
multiples questions Le bruit lancinant des avions … Le grondement
permanent la nuit d un avion recherchant les feux du balisage ?
mais aussi les escadrilles alliées allant vers le sud à destination
du centre de la France et des usines du nord de l Italie Milan,
Turin etc.
Par sa
position stratégique à moins de 100 Kilometres des côtes de la
Manche et quelques 250 kilométres des bases aériennes du sud de l
Angleterre l Orne constituait un département de choix
Dés la fin de 1942
sous l impulsion de l organisation civile et militaire l ingénieur du
génie rural Robert Aubin de Fontenay sur Orne des patriotes
se mirent a l œuvre pour recenser des terrains favorables aux
opérations aériennes
Apres
la libération de notre ville je découvrais que Tempsford
aérodrome secret situé au nord de Londres
était le point de décollage de tous ces avions inconnus qui
venaient parachuter le contenu de leurs soute dans notre campagne
alentour Il fallait considérer qu’ une heure
et demi de vol temps suffisait à un
bombardier Halifax pour effectuer le trajet ;;;;; de Tempsford
au departement de l Orne… une courte distance mais.... semée d
embûches Je recueillais quelques témoignages
Réflexion
d’un membre d’équipage …
"La joie
d’apercevoir la ligne sombre qui annonce la côte française (
Honfleur ou Cabourg )est vite atténuée par l’illumination
inamicale des projecteurs allemands et l’aboiement des canons de la
flak dont les obus éclatent autour de nous .Nous volons feux éteints
Nos repères…les lumières des habitations, les rivières
scintillantes sous les rayons de lune, les ponts, les gares, les
voies ferrées, les églises, …
« Le poste de
T.S.F. familial était lui toujours présent, là, prés de la
fenêtre, dressé sur un meuble en bois ciré, dans notre petite
cuisine qui nous sert de salle à manger .La B.B.C.avec les
quatre coups annonciateurs de « la symphonie de Beethoven « c’etait
presque notre raison de vivre . Chaque soir malgré le brouillage,
alors que les aiguilles de notre « Pendastrava « style
« Art Déco « fonctionnant avec des piéces de dix francs,
marquent 8 heures, nous écoutions religieusement en sourdine les émissions en essayant de trouver une signification aux messages
mystérieux et codés diffusés par l’émetteur anglais . Messages
à destination des « réseaux de l’ombre « sans aucun
doute . !


Pour nous c’est presque l’ébauche d’un acte
de rebellion que l’écoute régulière et clandestine de cette émission destinée aux nations opprimées .Encore faut il être très
prudent ..., bien fermer les deux portes et notre unique fenêtre,
tendre avec précaution le rideau noir qui camoufle notre vitrine,
et se concentrer pour percevoir une voix lointaine quelquefois
inintelligible et nasillarde perturbée par les brouillages allemands
Un après midi un
alsacien de la wehrmacht entrant doucement dans notre salle à manger
est venu nous prévenir que l on percevait les sons propres à la BBC
dans le salon où les clients attendaient patiemment leur tour
Nous ne pouvons
oublier les excellents commentaires de Maurice Schumann qui chaque
jour par le canal de la BBC vantaient l unité d action de tous les
alliés et on commençait à percevoir une lueur d espoir
. Ces voix d’outre manche nous faisait oublier
les diatribes de propagande que nous assénait chaque soir Jean
Hérold Paquis le chantre de radio Paris .
Mais on parlait déjà de nous enlever notre
valeureux poste ....par ordre de la Kommandantur _ »
Reflexions
personnelles
RESUMONS
Pour ce qui est de la lutte clandestine organisée par les réseaux
de résistance, une évidence s’imposait, on ignorait tout du SOE
mais on découvrait que les conquêtes techniques et en particulier
la radio constituaient des atouts aux effets incalculables.
Que
pouvait faire la résistance si les combattants de l’ombre, même
pourvus d’un courage exceptionnel, n’avaient eu pour eux la voie
des airs, sans la possibilité offerte de la sorte à la France libre
et aux alliés de pénétrer au coeur d’un territoire occupé par
l’ennemi, en rivalisant avec les dangers de la mer, les défenses
des frontières et des fortifications. Comment les groupes de
résistants auraient ils communiquer avec nos futurs libérateurs ?
Tous ces événements
se déroulaient la nuit »La lune a été pour le SOE une
déesse encore plus puissante que dans les religions antiques du
moyen orient « Recevoir
du ciel par une nuit de pleine lune, quel que soit le temps, des
armes, des munitions, des médicaments… tel était l’enjeu de
cette lutte qui opposait sur terre et dans les airs, la Luftwaffe, la
flak allemande, la Wehrmacht, les bombardiers alliés, et
les
résistants combattants de l’ombre disséminés dans les maquis.
Les
messages de la BBC.
Sans
la télégraphie sans fil, sans les émissions des radios clandestins
éparpillés à travers la France, sans les écoutes de Londres, sans
les messages personnels de la BBC, comment auraient pu s’effectuer
les liaisons, se transmettre les instructions, s’échanger les
renseignements ?
Chaque
soir les messages les plus sibyllins abondaient sur la BBC, que
beaucoup de français écoutaient discrètement avec la crainte
permanente d’être surpris. Un
message secret de la radio de Londres annonçait le lieu d’un
parachutage et la date du rendez vous adressés à différentes
équipes sur le qui vive mais conscients du danger.
Récit par Brigitte Friang présente sur le terrain en attente de l'avion anglais " regarde toi qui meurs" Paris Plon 1978
 |
| Brigitte friang secrétaire de Clouet des perruches |
" Nous avions attendu le lever du
jour .Nous étions glaçés .mornes aussi . L'opération avait raté .Au
reste les équipes de réception craignaient ma présence comme la peste
il,me suffisait
d'apparaître afin de participer à un
parachutage et l'opération 'échouait En place sur le terrain lapin
depuis 11 heures du soir nous avions attendu l'avion anglais qui devait
venir nous parachuter des armes La phrase était passée deux fois dans
la journée à la BBC Les opérations s effectuaient en période de
lune dont la clarté était indispensable pour le repérage des terrains
par les avions et des containers par les receveurs
Aussi nos plannings s 'organisaient en lune,et nous appelions nous les gens de la lune trés contents de notre jeu de mots
Vers une heure du matin dans le ciel
gris de lune nous avions repéré un lointain bruit de moteur d avion
.L'appareil semblait chercher .Nous avions allumé le balisage c était
un L formé de trois lampes torches la lettre indiquait le sen du
largage en fonction du vent et de la forme du terrain dans le micro du s
phone Jean François
( Clouet des Perruches )s 'était employé à attirer
l'avion dans le faisceau de son appareil ...here France calling
,France calling nous étions sortis du couvert des arbres ;la haute
silhouette de Clouet se découpait dans le ciel .Cette voix qui eut pu
être britannique tant l'accent était parfait,résonnait étrangement dans
le silence de la nuit normande, l'immobilité des hommes et des choses
que soulignait le bourdonnement vague de l'avion .Néanmoins dans les
fourrés tout autour du terrain on eut pu entendre les coeurs battre battre d'émotion,d'espoir.....
Venu d' Angleterre pour larguer ses
passagers et ses cylindres métalliques de matériel l'avion symbolisait
la réussite d efforts de centaines d hommes et de femmes qui risquaient
toutes les minutes leur vie pour cela des parachutes se balançant dans
le clair de lune .Le triomphe sur l'occupant .Sur la mort...
Les coeurs battaient de tendresse aussi
.Dans l'univers presque uniformément hostile ,toujours dangereux ,où
nous vivions .Londres je l'ai dit représentait la maison ,le refuge
De Londres nous parvenaient certes les
ordres mais aussi tous les éléments indispensables à notre survie c
était la mére . et l,avion le cordon ombilical qui nous alimentait tant moralement que matériellement
Plus que les télégrammes transmis par les ondes impalpables ,
l'avion était la démonstration sensible
que ,petits groupe d 'êtres isolés dans la nuit de l'occupation qui
recouvrait l'Europe nous constituions un souci pour ceux qui de
Londres tiraient les ficelles de notre action
Le bombardier aux flancs bourrés était
l,affirmation que nous n'étions pas abandonnés dans notre monde d
arrestations,de fusillades , de tortures l'assurance aussi que les
risques que nous prenions n'étaient pas vains que nous étions bien des
rouages de l'énorme machine de résistance dont le cerveau moteur
siégeait au delà de la mort quotidienne et obsédante
---------------------------------------------------------------------------------
Le bruit des moteurs
s 'était rapproché la masse noire s 'était profilée dans le ciel
gris nous avions rallumé les lampes ,passé en morse la lettre de
reconnaissance du terrain l'avion était là ça y était Nous avions
tous tremblé de joie
L'appareil s était éloigné il ne nous
avait pas encore repéré peut être était il gêné par la luminosité de
la lune pour distinguer nos maigres torches .IL allait revenir
C 'était déjà arrivé qu un avion ne vint
pas au rendez vous . Mauvais temps sur les côtes anglaises . Touché
par la flak en pénétrant sur le territoire français . Ou abattu.Mais de
l'avoir vu à le palper c 'était bien plus pénible !
Pourtant ce qui était plus pénible encore c 'était l'impression de solitude ,
d 'abandon la solitude
s appesantissait toujours à la fin d'une opération même réussie
les hommes se retrouvaient livré à eux même confrontés avec la réalité _ la Gestapo_dans la nuit vide une fois le messager de Londres disparu
_--------------------------------------------------------------------------------------------------------
C 'est le temps où dans la campagne ,nous
interrogeons les aboiements de chiens au fond de la nuit ,le temps où
les parachutes multicolores ,chargés d armes et de cigarettes ,tombent
du ciel dans la lueur des feux des clairières ....
André Malraux
Six avions du
SOE du type Halifax donc spécialisés dans les parachutages de
containers aux résistants seront abattus dans notre département
durant la période de l’occupation ( il s agit uniquement d avions
destinés aux parachutages sinon le nombre d avions abattus toutes
nationalités confondues excédera plusieurs centaines )